Ça n’arrive pas qu’aux autres

wp-media-2Histoire vécue…

Par votre serviteur œuf-corse, mais pas que.

Lire cette petite bande dessinée avant de lire mon article, merci.

Celle qui est racontée dans cette bande dessinée est bien plus grave que la mienne, et même si elles sont toutes les deux les services des douanes états-uniennes en tâche de fond, la sienne est bien plus d’actualité que la mienne, et puis entre son histoire et la mienne, il y’a eu le grand circo del mondo du 911…

Voilà donc ce qui arrive quand on reste impassibles aux gesticulations de nos dirigeants (mondiaux), lorsque ceux-ci nous affolent en incriminant les dangereux « pédo-cyber-nazi-terroristes qui sommeillent en chacun de nous et qu’il faut absolument éradiquer avant que cela ne deviennent incontrôlable et de préférence avant la naissance… », à quelques mots près bien sûr, j’en ai très certainement oublié quelques-uns. [1]

Mais c’est pour votre bien… voyons !

Un voyage aux USA est toujours une aventure passionnante, tu ne sais pas quand tu vas te prendre une balle, tu n’as aucune idée du moment ou un flic un peu énervé va te tabasser pour avoir osé commettre l’irréparable [2][3], tu ne sais pas à quel moment tu seras transféré à Guantanamo, et bien entendu, le plus croustillant, tu ne sais si tu vas pouvoir rentrer chez toi un jour…

Lors de mon propre voyage là-bas au siècle dernier, dès mon arrivée à Minneapolis St Paul, j’ai été le seul passager (sur 273, je m’en souviens très bien) à être fouillé, et ce n’est pas parce que j’avais des cheveux très longs et que mon aéronef était en provenance d’Amsterdam, non bien sûr, voyons, jamais je ne me permettrais d’imaginer que la police États-Unienne soit à ce point bloquée par d’aussi pauvres petits clichés.

Et quand je dis fouillé, je dis fouillé hein, oui oui, même là !

Il faut savoir qu’aux USA, dans les halls des aéroports (et très certainement ailleurs aussi), les maîtres chiens se baladent dans la foule tranquillement, pendant que leur brave ami à quatre pattes se promène en liberté sous l’œil aviné de son abruti de maître, et si jamais le chien s’approche d’un bagage, alors le maître est en droit d’emmener son propriétaire à la fouille.

J’avais remarqué le cirque de mon bonhomme, le chien est passé plusieurs fois devant mon sac sans rien faire, et je me marrais intérieurement en imaginant son dépit de ne pas pouvoir m’arrêter, ou de me tuer sur place, au choix, alors l’abruti, et là je ne barre pas le mot, s’est approché de mon sac, à posé sa main dessus en faisant un petit signe à son chien qui alors, s’est approché de mon sac pour renifler la main de son abruti de maître.

Et paf, c’était tout ce qu’il voulait, j’étais bon pour la fouille totale.

Bref, ce fut mon premier et dernier voyage là bas, et franchement, même si aujourd’hui mes cheveux sont plus courts, jamais plus je ne remettrais les pieds dans ce pays de tarés.

Le rapport entre ces deux histoires, c’est que les règles régissant nos libertés sont de plus en plus rognées sur l’autel de la sécurité nationale, dont tous le monde sait très bien qu’elle est l’ultime solution à tous les maux et qu’en cas de compromission, il est tout à fait normal d’ajouter une contrainte de plus, que le bon peuple acceptera puisque c’est pour son bien.

L’argument numéro un ressortit à chaque fois depuis… houla, un siècle au moins, voire deux, c’est que si vous n’avez rien à vous reprocher, alors vous ne risquez rien…

Donc pour des raisons de sécurité nationale, les règles de fouille ont été légèrement modifiées afin que les fouilleurs aient plus de droits de le faire… pour votre bien.

Après, vous imaginez bien que nos chasseurs de terroristes n’ont pas mis bien longtemps avant de trouver quelques petites ficelles permettant d’exploiter les nouvelles règles avec tout le zèle qui caractérise ses abrutis de maîtres chiens États-Uniens, et autres superhéros bien armés comme on en trouve malheureusement un peu partout chez l’Oncle Sam. [4]

J’invite donc le président des États-Unis, qui vous vous en doutez, fait parti de ces êtres exceptionnels qui jamais ne commentent la moindre erreur, qui sont du genre à ne jamais quitter les clous qu’ils dessinent eux-mêmes sur la chaussée de notre avenir, à venir se faire visiter l’anus par ma lampe de poche, lui qui n’a rien à se reprocher ne devrait pas s’inquiéter, c’est juste la routine, comme il dit.

Ben oui quoi, moi non plus je n’avais rien à me reprocher ce jour là et pourtant je m’en suis bien pris une, alors pourquoi pas lui ?

Petit à petit, nos libertés disparaissent, tranquillement, insidieusement, on nous enlève un petit truc, pour notre bien, et on rajoute une tonne de trucs en plus au pouvoir du législateur… pour notre bien.

Au suivant, vous peut être ?

Et puis ce n’est pas si grave finalement, car si vraiment vous êtes innocent, vous serez relâchés, ne vous inquiétez pas, ils ont pensé à tout pour votre bien, votre sécurité et leur fric.

Rappelez-vous l’histoire (vraie) de cet États-Unien (d’origine égyptienne, mais dûment nationalisé de la bannière étoilée) travaillant en Égypte et qui en revenant voir les siens (il est états-unien, je le répète) a été légèrement effacé de la société. Son épouse l’à eu au téléphone avant son décollage, il est monté dans l’avion, et elle ne l’a revu que plusieurs mois plus tard, entre temps, personne n’est capable d’expliquer comment un homme peut disparaître de la société aussi facilement, alors qu’il est impossible de faire passer une brosse à dents sans se faire ravager l’anus, drôle de pays hein !

Il était innocent bien entendu… et ne s’était pas inquiété, il a fait confiance à son pays (les États-Unis, je le répète encore une fois pour la forme), et il s’est pris une belle gamelle, il fait maintenant partie de ces gens qui comme moi, écoutent les déclarations de nos « Karchérisateurs pour notre bien » d’une oreille plus que critique.

Et si le prochain c’était vous ?

-- 
(\_ _/)
(='.'=)
(")_(") Maître Maa

Notes

[1] : D’ailleurs, le simple faite de citer le 911 en introduction fait de moi un antisémite, car seuls les antisémites remettent en cause ce fait indiscutable, c’est connus, soit tu prends tout sans réfléchir et t’es un bon gars, soit tu doutes et tu es un put… d’en…. d’antisémite, mais j’assume (de citer le 911, pas de me faire traiter d’anti-machins-bidules).

[2] : Que le seul et unique flic calme des USA me contacte, je le citerai pour l’exclure de mon texte.

[3] : L’irréparable est une notion particulière aux USA et elle est livré à la libre appréciation du représentant des forces de l’ordre, qui, sachez-le, représente environ un citoyen sur 12 là bas… entre l’armée, la police, les flics, les milices locales, les milices moins locales, les milices éloignées, les milices intermédiaires, les milices internationales, les milices régionales, les milices privées, les milices moins privées, la milice des milices, les milices de la milice des milices, et bien entendu, le pire de tous, le simple citoyen armé.

[4] : Oui je capitalise Oncle et Sam parce que j’ai du respect pour les États-Unis et ses habitants, c’est juste leur empereur qui me gonfle un peu, les autres, les États-Uniens d’en bas, ont autant droit à mon respect que les Réunionnais d’en bas, et je suis sûr qu’ils pensent comme moi de notre gélatineux élyséen…