Qui sème sa graine…

wp-media-9Mérite la prison !

Comme d’habitude, notre gouvernement travaille pour notre bien, notre santé… et les caisses des Monsanto et autres grands bienfaiteurs de l’humanité aseptisée mais néanmoins stérile (faut bien vendre et revendre les graines hein !), le tout dans notre dos, histoire d’être certain qu’on n’aurait pas la mauvaise idée de se prononcer contre…

Attention, ceci n’est pas de l’humour, la loi proposée au sénat le 20 novembre a été adoptée en première lecture et ira donc en deuxième semaine pour être définitivement adoptée, et là, ça va faire très mal.

[iframe frameborder= »0″ width= »640″ height= »360″ src= »http://api.dmcloud.net/player/embed/4f3d114d94a6f66945000325/52b719ad06361d10300c4cce/de4dc47885d64966b204ecdbbec78ceb?exported=1″ /]

En gros, jusqu’à présent, c’était aux industriels de la semence de prouver que les agriculteurs [1] leur faisaient de la concurrence déloyale en utilisant des graines saines et naturelles, comprendre, en n’utilisant pas leurs saloperies brevetées.

Avec cette loi, ce sera le contraire, et ce sera donc à l’agriculteur de prouver que les graines qu’il utilise n’enfreignent aucun brevet. [2]

Pire, tout le monde sera potentiellement attaquable par les industriels de la procédure juridique travaillant pour les industriels de la graine, vous comme moi.

Pour vous donner un exemple, je suis en infraction (et de nombreux Réunionnais aussi je pense) parce que j’ai planté des tomates dans mon jardin, si demain Monsanto voulait m’emm… oops, m’ennuyer, il lui suffirait de me demander de prouver que les graines que j’ai utilisées ne sont pas en infraction avec leurs brevets (au pluriel bien entendu), ce qui est tout bonnement impossible.

Pire, avec cette loi, Monsanto n’aura même pas à bouger son médiocre fondement, c’est carrément l’état qui viendra me demander des comptes.

Décidément, nous avons vraiment un gouvernement de péripatéticiens, et encore, pas dans le sens Grecque Ancien du mot s’il vous plaît, celui-là au moins était respectueux. [3]

Ils nous ont déjà fait le coup avec les recettes de grands-mères l’année dernière, ils reviennent à la charge cette année avec les graines.

Au cas où vous ne le sauriez pas, la soupe d’ortie (et bien d’autres recettes de rands mères) est illégale si elle n’est pas produite par un organisme dûment affilié et patenté. La patente coûtant environ 3 775 € par « recette », vous imaginez un peu le nombre de criminels en liberté sur notre île, parce qu’ils n’ont pas payé leurs patentes. [4]

Combien de temps encore allons-nous nous laisser marcher sur les pieds par ses puissances mercantiles parasites ?

Souvenez-vous de ce que disait Coluche : pour qu’ils arrêtent de vendre leurs merdes, il suffirait juste qu’on arrête de les acheter…

On se réveille…

-- 
(\_ _/)
(='.'=)
(")_(") Maître Maa

Notes

[1] : Ces méchants profiteurs de la vie qui ne veulent pas payer des graines stériles, inutiles, dégueulasses, très très chères et bien entendu brevetées…

[2] : J’ai déjà entendu ça quelque part… ah oui, Hadopi, l’inversion de la charge de la preuve… tout ça…

[3] : Dans la Grèce Antique, les péripatéticiens étaient l’équivalent de nos professeurs des écoles actuels, le nom découle du fait qu’ils professaient… dans la rue. Le terme se traduisant par : « travaillant dans la rue ».

[4] : Je ne suis plus très sûr du montant, mais il se situe vers les 3 500 € par « recette »…