Apple m’a tuer…

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Dear Tim Cook

Je ne suis qu’un humble utilisateur de Macintosh depuis 1989 et depuis ce temps-là je n’ai jamais utilisé quoi que se soit en provenance de la concurrence, jamais.
J’ai toujours défendu Apple, notamment quand la société était au plus mal et semblait sur le point de péricliter, gardant confiance en l’avenir, car je savais que cette entreprise avait les moyens de retourner la situation.

J’ai vu venir OS X, je le sentais et je n’ai pas été contredit, quand Apple à annoncé le rachat de neXt j’ai été plus excité qu’étonné, ayant eu la chance de manipuler un neXt-Cube, je savais que le choix était très bon.

Quelle aventure que cet OS X premier du nom, le fameux Mac OS X 10.0.3, le truc le plus instable que je n’avais jamais eu sur Mac (avant Yosemite bien sûr), mais qui n’annonçait que du bon pour la suite (contrairement à Yosemite), c’était encore une bêta et ce qu’elle faisait quand elle ne plantait pas était juste énorme malgré tout.

Je suis revenu sur 9.2.2 pour bosser et quand j’ai reçu mon CD de la mise à jour 10.1 (parce qu’à l’époque Apple t’envoyait le CD à ton nom), je l’ai installée dans la foulée.

Je ne suis jamais retourné sur Mac OS 9, profitant de Classic pour les quelques applications qui n’avaient pas encore été transposées sur le nouvel OS, mais bootant définitivement sur OS X depuis ce jour.

Puis vinrent les versions suivantes, 10.2 (naissance d’iChat), puis 10.3 (naissance de Safari que j’avais prédit dans un article publié sur mon site perso) et les suivantes jusqu’au dernier système exploitable, 10.6, Snow Leopard.

Jamais un plantage, pas une seule perte de données, les mises à jour installées sans réfléchir par-dessus les anciennes et qui se sont toutes déroulées sans le moindre accroc.
Je dis bien dernier système exploitable, car c’est à partir de là qu’Apple va commencer à emprunter une pente très glissante vers la médiocrité.

Encore aujourd’hui, j’entends de nombreuses voix qui pensent comme moi que Snow Leopard est le dernier « vrai » système d’exploitation produit par Apple, je connais même des professionnels qui sont restés sur SL par peur de ne plus pouvoir travailler sur les versions suivantes, quand je regarde ça avec du recul, j’en viens à me demander s’ils n’avaient pas raison finalement.

Puis vint le tour de Lion… aie…

Ah Lion et cette nouvelle procédure d’installation qui passe par App Store et qui nécessite un téléchargement.

J’habite à la Réunion, une île magnifique située au milieu de l’océan Indien, ne cherche pas dans la mer sur ta carte Tim, pour ta boîte, cette île se trouve sur le continent africain…

La Réunion, c’est aussi (comme la Nouvelle-Calédonie que j’ai aussi eu la chance d’habiter) l’une des connexions les plus mauvaises que je n’ai jamais eues, les débits sont exécrables et le passage à Lion se fera sentir, le téléchargement prenant entre 2 et 185 heures, oui oui, 185 heures ! Je dis entre 2 et 185 parce que bien entendu, le téléchargement plantera plusieurs fois avant de finalement passer.

Qu’à cela ne tienne, j’ai toujours eu une confiance aveugle en Apple et je ne me laisserai pas impressionner par ce genre de petits détails.
D’ailleurs, à l’époque, je travaillais pour toi Tim, j’étais Technicien Certifié pour un revendeur local.

Pour l’anecdote, j’ai eu ma certification ce jour triste du départ de Steve.

Le matin, je me suis levé, excité et un peu nerveux quant à la perspective qui s’ouvrait à moi, et comme d’habitude, je suis allé faire un petit tour sur mes sites d’infos favoris, pour y lire l’information qui me mettra sur les genoux, un véritable choc.

Fortement ému, je vais hésiter à me présenter au centre de certification, incapable que j’étais d’accepter cette réalité… et de me concentrer.

Mais c’est en me remémorant ses propres paroles que je vais avoir le coup de fouet qu’il fallait, comme il aurait voulu que je le fasse, je laisserai ces détails de coté et me présenterai pour finalement l’obtenir « très facilement » !

Mon premier diplôme, le seul d’ailleurs de ma vie et il est signé Apple, j’en pleurais, j’te jure, ça à l’air débile comme ça, mais ce jour là restera à jamais l’un des plus beaux de ma vie.

En sortant du centre, j’ai levé les yeux au ciel et je lui ai dit merci de m’avoir donné cette force, j’imaginais comment il devait être fier de moi, puis j’ai vu les regards de travers des gens sur le trottoir, j’avais du parler à haute voix, mais je m’en foutais, j’avais enfin un pied dans la boîte qui me faisait rêver depuis plus de 20 ans, j’étais l’homme le plus fier du monde et le reste m’était égal.

Lion donc, par réflexe, et après avoir perdu plusieurs jours à essayer de télécharger la chose, je copierai l’installeur sur un disque externe, je ne le savais pas encore, mais je venais de me sauver la mise pour plus tard, car c’est effectivement ce qu’il faut faire, depuis Lion, il est fortement conseillé de faire une copie de l’installer avant de continuer… au cas où.

Mon Mac ne redémarrera pas, je fais partie de ceux qui ont eu le petit bug de l’installeur, tu sais, le fameux fichier qui n’était pas supprimé et qui faisait que Lion croyait qu’il n’était pas installé… et donc relançait la procédure d’installation… en boucle.

Sur le coup j’ai été très surpris, pas habitué à ce genre de bogue bizarre chez Apple, un peu comme si tous les matins je me réveillais en me demandant si j’étais réveillé…

C’est à partir de Lion que je vais aussi découvrir ce que c’est de devoir régulièrement rebooter son ordinateur sans raison, pratique que je ne maîtrisais pas, n’ayant jamais utilisé Windows…

Lion et le nouveau paradigme d’Apple concernant les protocoles réseaux, les autres machines locales qui changent de nom ou d’icône, qui sont connectées tout en étant déconnectées, déconnectées mais connectées, ou encore déconnectées et déconnectées… quand ce n’était pas tout simplement connectées parce que connectées (plutôt rare ça).

Web développeur de mon état, j’ai toujours eu un serveur Mac chez moi sur lequel j’hébergeais mes services, Apache, MySQL et PHP que je partageais dans une zone DNS locale limitée à mon réseau particulier que j’avais configuré en éditant les fichiers de Bind9.

Mon premier AMP, je l’ai compilé moi-même, mon QuickSilver 867 s’en rappelle encore, PHP m’avais à l’époque pris 5 heures pour se compiler, mais j’avais réussi.

Puis vint Mountain Lion et un sursaut d’amélioration, enfin pas sur le réseau, et encore moins sur le WiFi, Airport ayant décidé d’être de plus en plus mauvais au fil des versions sur ce point-là.

Même pas mal, je suis plus dur à cuir que ça, je ne vais pas me laisser bouffer par ce paquet de silice et je m’en sortirais quand même, mais avec ce sentiment que la qualité se dégrade de plus en plus.

Apple va continuer et sortir Maverick… qui sera l’un des éléments qui me pousseront à démissionner, ne supportant plus les griefs légitimes des clients à qui je devais mentir ouvertement, les accusant presque d’être à l’origine de tous leurs maux, alors que j’avais les mêmes problèmes en privé, mais que je ne pouvais pas le dire.

Difficile d’être formateur sur les technologies Apple et de se retrouver comme un con devant 10 élèves en train d’essayer de leur expliquer comment configurer Time Machine sur une Time Capsule… visible, mais inaccessible et qui donc refuse de valider la procédure d’activation. Obligé de finir mes démonstrations par des pirouettes, accusant la mauvaise qualité des connexions Internet pour expliquer les dysfonctionnements… du réseau local… hm !

« Messages », « Facetime », « Accéder à mon Mac », technologies qui ont une fâcheuse habitude à ne pas fonctionner, ou que l’on doit régulièrement réactiver sans raison apparente. Technologies qui pourtant faisaient la force d’Apple et qui représentait pur moi l’essentiel de mes démonstrations.

Quand j’y repense, j’ai un peu honte d’avoir ainsi roulé mes clients dans la farine en accusant tout l’Internet alors que la connexion entre les deux appareils n’était que locale (environ 4 mètres, quand même !)…

Marre de mentir, je finirai par dire mes 4 vérités à mon patron qui en récompense me foutra à la porte, on ne critique pas Apple voyons.

Bon d’accord, il ne m’a pas viré que pour ça, mais ce bordel ambiant me faisait vraiment honte et c’était de plus en plus difficile de recevoir les clients, sachant que la plupart des problèmes qu’ils soulevaient étaient bien causés par cette médiocratisation en cours, mais que je devais réfuter pour défendre Apple coûte que coûte.

Tu n’imagines pas Tim à quel point j’ai été soulagé de me retrouver au chômage, certes je perdais des sous, mais je gagnais tellement en qualité de vie.

J’ai repris mon ancienne occupation de père au foyer, et accessoirement de Web Développeur, et j’ai commencé à démonter WordPress, j’avais une idée pour un thème particulièrement optimisé, responsive, moderne et tout et tout, la consécration de nombreuses années de développements personnels enfin personnifiée dans un produit que j’allais peut être pouvoir vendre.
Pas facile le WP, mais bon, c’est le jeu.

Entre temps, mon QuickSilver va mourir de son alimentation (bonjour le choc après toutes ces années de bons et loyaux services), je réussirai à récupérer les données hébergées sur le serveur en démontant le disque dur et activerais le serveur local de mon iMac pour continuer à bosser.

En passant, merci d’avoir supprimé le partage Web, heureusement que je maîtrise (à mon humble niveau) le terminal et que je sais plus où moins quels fichiers modifier pour relancer mes services, cela ne me prendra que deux ou trois jours… seulement !

Mais voilà, je n’imaginais pas Apple faire pire, c’était sans compter sur Yosemite, le pire « truc » jamais produit par la pomme, une sorte de version bâtarde de Mac OS 7.5.5… en plus… euh… moderne.

C’était pourtant bien parti, j’avais fait la demande pour le bêta test public et j’avais été accepté, j’ai donc eu la chance de tester Yosemite avant tout le mode et pour une bêta je l’avais trouvé plutôt stable.

J’ai donc sauté sur Yosemite à sa sortie publique, je le regrette fortement, si j’avais su que cela m’amènerait aujourd’hui à reconsidérer mon métier…

Dès le premier redémarrage de Yosemite, je vais perdre mon serveur… ne cherchez pas le lien, c’est un peu comme si vous vous vouliez installer un nouvel autoradio dans votre voiture, et qu’en retour la cafetière du voisin se mettait à faire du thé.

L’explication est d’une simplicité presque vexante et se résume à la superbe nouvelle barre d’adresse / recherche unifiée de Safari qui décide d’elle même si vous tapez une URL ou une requête Google…

Rappelez-vous ci-dessus je vous parlais de mon serveur sur lequel j’avais défini une zone DNS très privée (toutes mes machines ayant leur propre nom de domaine du type : roger.truc, albert.truc) qui définissait une extension de domaine fictive le .truc

Ben voilà, avec Yosemite, les bogus sont tout simplement impossibles car Safari considère sans vous le demander que c’est une requête Google… bonjour la faille de sécurité, je suis même étonné que personne ne se soit lancé dans une procédure sur ce point-là, mais en même temps, les professionnels étant sérieux par définition, il serait logique de penser qu’ils utilisent de moins en moins le Mac, préférant utiliser de vrais outils.

Je vais sauver ma mise grâce à Ubuntu Server 14.04 que j’installe en urgence sur mon vénérable MacBook Noir, deux heures après, j’ai un serveur fonctionnel, mes bogus sont revenus grâce à Firefox et FirefoxDevelopperEdition (une tuerie ce truc) et le serveur tourne H24 depuis plusieurs mois sans le moindre problème, un seul reboot pour raison de sécurité.

Je suis du genre à persévérer et faire abstraction, je ne vais pas vous citer tous les problèmes rencontrés, j’en aurais pour 8 pages de plus, citons seulement Safari, qui pour un développeur Web est quand même un outil important.

La barre d’adresse / recherche unifiée ! Mon cher Tim, as tu seulement posé la question à un seul développeur Web avant de valider cette aberration ?

J’ai un projet sur le Net, et je le protège avec un certificat SSL, tu sais, le petit ’s’ que l’on ajoute au protocole dans l’adresse, le HTTP devenant HTTPS…

Ben tu vois, je clique dans la barre d’adresse et je n’ai que le nom de domaine machin.com, envolé les trois w et le http://…

Bon, ce n’est pas grave, je le tape à la main pour vérifier mon certificat, puis constatant que ça marche, je reviens sur le HTTP pour vérifier que je me fais bien éjecter par mon script.

Ah ben là, l’adresse est entière, chouette, je n’ai qu’a enlever le ‘s’ et ça roule.

Je dois retester en HTTPS, pas de problème, je clique dans la barre… et toute la partie protocole à encore disparue… c’est lourdingue comme tu ne l’imagines pas Tim, vraiment lourdingue.

Et je ne parle pas des cookies qui me demanderont plusieurs heures de recherches dans les arcanes sombres de Safari pour les retrouver, ou leurs gestions dans les préférences qui d’un coup se limitent à « supprimer toutes les infos liées aux sites (cookies, caches, LocalDB) » là où avant on pouvait supprimer juste le cache ou juste le cookie…

Mais bon je suis tenace et quand je reçois un mail d’Apple me demandent de tester la dernière bêta 10.10.3 avec le tout nouveau Photo, je m’exécute tranquillement et me lance dans l’aventure… et quelle aventure mon ami, la dernière pour tout te dire, juste la dernière, si j’avais su…

Apple me conseille d’installer cette bêta sur un disque externe, merci de me le préciser, comme si je n’avais pas un disque dédié, je te rappelle Tim que je l’ai déjà testé le bidule au cas où tu aies oublié.

Je vous écris cet article depuis le Mac de mon fils, mon iMac n’a pas survécu à ce test et il est mort tranquillement quelques jours plus tard…

Tu vois Tim, avec ta parano de vouloir tout contrôler, tu identifies les machines éligibles aux bêta test par leur numéro de série…

Je reprends, tu me conseilles d’installer la bêta sur un disque externe, ce que je vais faire, mais tu identifies ma machine sur son serial number…

Une fois de retour sur ma version normale, je vais découvrir un App Store complètement bogué qui est bloqué sur la mise à jour 10.10.3 bêta… euh… et plus aucune autre mise à jour ne me sera plus jamais proposées.

Les lenteurs vont se faire de plus en plus régulières et violentes, jusqu’à tout à l’heure ou je serai forcé de redémarrer le Mac… il ne redémarrera pas.

J’ai tout essayé, je te rappelle mon cher Tim que je suis un ancien tech certifié, je crois savoir à peu près quoi faire dans ces cas-là.

Finalement, j’ai tout réinstallé et tu me croiras si tu veux, mais maintenant j’ai un Yosemite 10.10.0 et App Store ne me propose que la 10.10.3 bêta.

iTunes et mail sont lancés, mais n’ont plus de fenêtres… cool.

Les lenteurs sont juste incroyables, environ 5 minutes d’attentes toutes les 5 secondes…

Dernière chance, formatage et clean installe… en croisant tous les doigts que je trouverai pour que Time Machine fonctionne…

Le couperet est tombé, ma sauvegarde Time Machine, que j’ai pourtant vérifiée avant de lancer la clean installe, est corrompue…

J’ai TOUT perdu, je n’arrive même pas à ouvrir l’image disque, 816 Go de données qui occupent de l’espace mais qui ne sont pas récupérables…

J’ai du mal à écrire, je n’ai aucun moyen de calculer la perte, elle est juste énorme.

Bien entendu, le dossier contenant une grande partie des éléments de mon procès en cours fait partie des éléments perdus, la partie adverse va pouvoir s’amuser, la plupart de mes preuves ont disparues…

En gros, pour me remercier d’avoir testé ton machin, tu viens juste de supprimer ma vie informatique, plus de 20 ans de travail, des milliers de fichiers originaux, des millions de lignes de codes…

Comme tu as pu le voir au cours de mon récit, j’en ai fait des efforts pour toi, mais là, j’arrête les frais, ce n’est plus possible, de toute façon je n’ai plus l’envie, c’est plié, adieu Apple…

Il est 2 h 30 du matin, l’iMac est sur la table d’opération depuis 17 h 30 et je crois que je vais arrêter de me battre, je dois accepter, c’est ainsi, c’est la vie.

Je ne suis même pas en colère Tim, tu vois, quand l’iMac fonctionnait encore, je pestais à chaque bug et je m’énervais 50 fois par jour, maintenant, je n’ai plus rien, donc fatalement plus de raison de m’énerver.

Non, je ne suis plus en colère Tim, je suis juste triste et plutôt serein, aujourd’hui j’ai une idée claire de mon avenir, car il ne sera plus lié à l’informatique, ces expériences ont eu raison de ma passion, je vais maintenant pouvoir me consacrer à des choses plus importantes, mes enfants, mon jardin, mes amis, ma famille et l’écriture, j’aime écrire.

Salut à toi, Tim, bonne chance pour la suite.

Ce fut malgré tout une belle aventure.

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(")_(") Maître Maa

Pendant ce temps, les arnaqueurs courent toujours…

wp-media-6Mais comme ils ne font pas des quenelles…

Je le répète fort souvent : ça n’arrive pas qu’aux autres…

L’histoire qui suit pourrait très bien être celle d’un de vos voisins que vous croisez tous les jours, mais elle est tellement aberrante que jamais vous n’imagineriez qu’elle puisse seulement exister, et pourtant.

Attention à ce que vous mettez sur Facebook !

C’est connu, Facebook est le seul site sur lequel on donne des informations nous concernant… hm ? Vous êtes sûrs ?

Faite donc l’expérience suivante : tapez votre patronyme complet dans Google et admirez le résultat.

Ça fait peur hein ?

Jamais vous n’auriez imaginé voir des infos sur vous sur autant de sites, Facebook n’en étant qu’un parmi les autres !

Imaginez maintenant ce que le petit expert que je suis pourrait faire avec tout ça, enrobé dans de jolis textes pleins de fautes, et surtout pleins de mots qui font peur et des tournures du genre « je ne suis absolument pas un expert mais je t’embrouille pour que tu le croies… »

Voilà comment ça commence, l’arnaqueur, c’est son nom, va cibler sa victime en fouillant dans les informations qu’elle a elle-même publiées, il va en récupérer un maximum d’éléments et va ensuite les utiliser pour fabriquer l’histoire qui fera mouche.

D’abord quelques appâts sous forme de dialogues aux apparences tranquilles, postés un peu partout, une négociation sur leboncoin, une discussion sur un forum de plantes vertes, autant de banalités qui vont endormir la future victime qui ne se doute pas qu’il puisse s’agir de la même personne sur plusieurs sites différents.

Ensuite, on passe à la phase d’hameçonnage qui consiste à obtenir un dialogue privé

Grâce à une fausse discussion entre deux grandes personnes, le pauvre homme se laisse abuser par la super bombe atomique, généralement jeune, blonde et bien fournie, et, de simples courriels échangés, la relation va passer à la messagerie privée, si possible avec Webcam, Skype ou MSN étant les deux plus grandes technologies détournées par ces salopiots.

Ce paragraphe est bien entendu identique au féminin, la pauvre dame se laissera abuser par un Chippendale, généralement jeune, brun, et bien bâti…

STOP ! Déjà là, on est trop loin…

Tout comme vous pouvez être sûr que les seuls organismes à avoir le pouvoir de gérer votre argent sont les banques, dites-vous que les seuls organismes capables de gérer les histoires de cœurs sont les sites de rencontres… et uniquement les sites de rencontres.

Donc fatalement, une histoire de cœur qui vont tombe sur le paletot au détour d’une conversation par messagerie instantanée et par le plus grand des hasards, à quand même de forte chance d’être bidon, surtout quand le futur amour de votre vie est à tomber par terre.

Mais alors, quand la correspondance glisse tranquillement vers le déshabillage physique en bonne et due forme… l’alarme doit se mettre à sonner dans tous les sens.

Malheureusement, l’arnaqueur ayant fouillé dans la vie (publique) de sa victime, il va jouer sur ses cordes sensibles, usant de ses charmes (dans tous les sens du terme) pour arriver à ses fins.

Et quelles fins, mes alleux, quelles fins !

Généralement, c’est là que la véritable arnaque commence, après avoir réussi à vous piquer une photo (ou une vidéo) un peu osée, l’arnaqueur va alors tenter de vous vendre son silence, ce qui sachez le tous de suite est une double arnaque, puisqu’il n’hésitera pas à mettre ses menaces en pratiques même si vous lui payez ce qu’il vous demande.

Ci-après, je vous livre copie d’une arnaque réelle qui vient de se passer, et qui n’est peut être pas encore terminée, si vous recevez ce message, vous avec le devoir d’en rire tellement c’est du grand art.

Message d’un arnaqueur, fautes comprises :

Monsieur,

Je suis MR GILLET BERNARD, Commissaire de la police Internet sécurité informatique. [1]

Il y a de cela une semaine mes agents ont fait une saisie informatique à votre encontre pour acte d’Exhibitionniste, Cyber Pornographie, Pédophilie Et Pervers sur le réseau informatique Européen qui fut intercepté par le système sécurité informatique Européen qui a été mis en place. Ces actes commis par vous (Exhibitionniste, Cyber Pornographie, Pédophilie) sur le réseau Internet Européen constitue une infraction et un délit puni par la loi.[2]

Je voudrais vous faire savoir que ces actes ont étés commis après avoir invité sur le chat skype (Messagerie Instantanée) . Suite a cela votre conversation a été enregistrée et une vidéo dénudée de vous a été enregistrée par notre système de sécurité lors de la conversation (car vous vous êtes mis nu en webcam). [3]

NB: VEUILLEZ TROUVER LA VIDÉO DE VOUS ENREGISTRÉE EN PIÈCE JOINTE.

NOUS AVIONS TROUVE SUITE À UN SCANNER VOS COORDONNÉES :

NOM : MUDDA
PRÉNOM : ALBERT
SEXE : HOMME
PAYS: FRANCE
VILLE: :LE TAMPON
ADRESSE ÉMAIL: :ALBERT.MUDDA@MON-SUPER-DOMAINE.COMME

P.S   Veuillez prendre contact avec moi le plus vite possible afin de vous fournir les conditions à remplir pour l’annulation de votre dossier.

Faute de quoi, je me verrai dans l’obligation de transmettre mon rapport au niveau du bureau de Votre Ambassade pour l’établissement d’ une plainte et un Mandat d’Arrêt International qui à son tour contactera la Gendarmerie de votre ville pour votre arrestation. Ainsi plusieurs sites Internet et chaînes TV pour leur transmettre les VIDÉOS a caractères pornographiques pour une diffusion ou vos proches, votre famille et tous le monde entier verront votre arrestation et ce que vous faites devant votre ordinateur.

Dans l’attente de vous lire le plus tôt possible, dans les 24 heures.

Cordialement,

Monsieur GILLET BERNARD

Commissaire De La Police Internet

Pour ma part, j’ai flairé l’arnaque au troisième mot (MR), et je l’ai confirmée quelques mots plus loin, à cause de l’abus de majuscules.

C’est pompeux, c’est lourd et c’est surtout indigeste, les majuscules aidant.

En informatique, les majuscules ont le même sens, et surtout le même effet que le cri, si je vous adresse la parole dans la rue en vous criant dessus comme un taré, vous allez plus vous inquiéter qu’autre chose.

Imaginez la scène, vous marchez tranquillement sur le trottoir et un inconnu vous aborde vous hurlant à l’oreille  

BONJOUR, MONSIEUR, VOUS N’AURIEZ PAS L’HEURE S’IL VOUS PLAÎT ?

Personnellement, je lui en colle une par pur réflexe.

Pour la bonne bouche, je vous livre ci-après quelques impressions sur la suite de cette fantabuleuse lettre, en vrac  

  • Trop de majuscules, ça c’est déjà dit, mais il en rajoute une couche, donc bon.
  • Des informations qui ne servent à rien comme préciser le sexe, ça, c’est au cas où vous auriez oublié à quel genre vous appartenez, pourquoi pas, effectivement.
  • La vidéo en pièce jointe, cool, vous aviez justement oublié de l’enregistrer…
  • Le SCANNER, appareil très connu dans les séries américaines, beaucoup moins sur le net…
  • Pleins de lignes, pleines de mots, avec quelques fois des phrases, mais pas toujours… du lourd et pompeux, fort drôle au demeurant, ce qui est normal de la part d’un demeuré…
  • On en arrive à l’ambassade… mais qu’est-ce qu’elle vient foutre ici ? À part nous donner une indication très importante sur l’auteur, qui, semble-t-il, vit dans un autre pays, et qui confirmerait le caractère louche de la missive.
  • La cerise : le coup du mandat d’arrêt international… là, vous êtes dans l’obligation de vous pisser dessus de rire, quand on sait qu’on attend toujours celui de Carlos…
  • Email accentué ça fait émail et à part au fond d’une casserole, je ne vois pas trop ce que ça vient faire ici…

Ces petits détails sont en fait très importants, car ils font ressortir les habitudes culturelles, le niveau de langage et le niveau intellectuel global de l’auteur, qui sur ce coup-là s’est quand même furieusement lâché, il faut le reconnaître.

Je n’irai pas plus loin, j’ai une belle mère sur le feu et un reste de purée à réchauffer pour mes deux gamins.

Bon en attendant que ça cuise, il est important de bien préciser que pour moi, c’est une chose aisée de reconnaître l’arnaque en seulement quelques instants, mais voilà, je ne suis pas tout le monde, j’ai une certaine expérience de la toile, acquise par butinage depuis… euh… la fin des années 80, vers 1987/89.

Alors comme ce genre d’expérience ne s’apprend pas en deux minutes au détour d’un article posté sur le web, comme celui que vous êtes en train de lire, retenez juste ceci :  

En cas de doute abstiens-toi, et si tu ne sais pas, demande.

Tout le monde à au moins un connaisseur dans ses amis, alors ne vous laissez plus embarquer dans des galères innommables, vos amis sont là pour ça, des gens comme ZenEthic (sur Facebook), voir même, et là je m’engage carrément, des gens comme moi.

N’hésitez pas à poser vos questions, nous nous ferons un honneur d’y répondre et de vous aider (discrétion assurée), je préfère prendre 5 minutes, 10, 20, une heure ou deux s’il le faut pour empêcher un drame, j’ai déjà entendu parler de suicides causés par ce genre d’arnaque et ça me fait quelque chose.

À faire suivre, même si c’est long, je sais, mais que voulez vous, c’est un sujet compliqué, difficile de faire court.

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(")_(") Maître Maa

Notes

[1] : On commence très fort avec pas moins de 4 mensonges plus ou moins gros sur une seule ligne :

  1. C’est connu, les organismes de police rédigent toujours leur courrier à la première personne, hm !
  2. Mr c’est de l’anglais, en français c’est M., subtil, mais pour moi cela trahi les habitudes culturelles de l’auteur. Ceux qui pensent que ce genre de fautes est courantes aussi chez les Français, je dirai oui pour la plupart, mais ça reste rare quand c’est un organisme d’état qui vous écrit, re-hm !!
  3. Une recherche Google avec le patronyme de ce monsieur donne trop de résultats dont aucun en rapport avec une police quelconque, re-re-hm !!!
  4. Commissaire de la police Internet sécurité informatique, à peine pompeux, il a oublié de préciser secteur de la criminalité infantile par omission intrinsèque sous section pédophilie terroriste cyber mafieuse en agrégation permanente du substrat théologique manifeste…, pour être sérieux, un petit coup de Google sur le titre et on sait immédiatement à quoi s’en tenir, re-re-re-hm !!!!

[2] : Deuxième salve qui vaut son pesant de cacahuètes en platine :

  1. mes agents ont fait une saisie… Généralement, quand des services de police font une saisie, vous êtes aux premières loges, et ce même quand il s’agit de données informatiques, qui dit saisie dit présence d’agents chez vous et ça, vous ne pouvez passer à côté sans les voir.
  2. Un acte d’Exhibitionniste, mon dictionnaire est encore en train de chercher.
  3. Pédophilie Et Pervers…, théorie des genres ou conjugaison artistique, mon cœur balance.
  4. …sur le réseau informatique Européen qui fut intercepté par le système sécurité informatique Européen qui a été mis en place. S’il n’y avait le manque de ponctuation, on aurait presque pu croire à une promesse électorale… superbe exemple de phrase vide de sens
  5. une infraction et un délit puni par la loi… Il manque les références des articles de lois concernés, au pluriel puisqu’il y’a apparemment une infraction et un délit.

[3] : Le troisième paragraphe est comme les deux précédents bourrés de mensonges, la suite du courrier aussi d’ailleurs, il n’est donc pas vraiment nécessaire de faire un démontage point par point, on en à déjà assez pour en conclure à l’arnaque.